Une part importante du parc parisien vit encore sur une installation électrique conçue pour des usages qui n’existent plus. Tableau à fusibles, absence de terre, quelques prises par pièce : ces installations n’ont pas seulement vieilli, elles ne correspondent plus à ce qu’on branche aujourd’hui. La mise aux normes n’est pas un supplément esthétique — c’est ce qui conditionne la sécurité, l’assurance et, pour un bien locatif, la possibilité même de louer.
Reconnaître une installation à reprendre
Quelques signes ne trompent pas :
- Un tableau à fusibles à broche plutôt qu’à disjoncteurs. C’est le marqueur le plus net d’une installation antérieure aux années 1970.
- Des prises à deux trous sans broche de terre, ce qui signifie qu’aucune terre n’est distribuée.
- Aucun interrupteur différentiel en tête de tableau — c’est pourtant lui qui protège les personnes.
- Des fils en tissu ou sous conduit métallique ancien, visibles au tableau ou dans les boîtiers.
- Des rallonges et multiprises en usage permanent, signe que le nombre de points ne suffit plus.
Ce que dit la norme, et ce qu’elle change
La norme NF C 15-100 encadre les installations neuves et les rénovations importantes. Elle impose notamment une prise de terre, un dispositif différentiel adapté, un nombre minimal de prises et de points d’éclairage par pièce, des circuits spécialisés pour les appareils de forte puissance, et des règles strictes dans les pièces d’eau — volumes de sécurité et liaison équipotentielle.
Dans un appartement parisien ancien, la conséquence est directe : refaire une cuisine ou une salle de bain suppose presque toujours de tirer de nouvelles lignes depuis le tableau, et souvent de remplacer le tableau lui-même. Ce n’est pas un choix de confort, c’est ce que la norme réclame dès lors que l’on intervient.
Le cas de la mise en location
Un logement mis en location doit répondre à des critères de décence, dont la sécurité de l’installation électrique. Par ailleurs, un diagnostic électrique est obligatoire lors de la mise en location comme lors de la vente pour les installations de plus de quinze ans. Un diagnostic qui relève des anomalies n’interdit pas la transaction, mais il pèse sur la négociation et, pour un bailleur, expose à la contestation. Reprendre l’installation avant est presque toujours plus économique que de la subir dans la discussion.
Encastré ou apparent, dans du bâti ancien
C’est la question pratique la plus fréquente. Passer les gaines en encastré donne le meilleur résultat, mais dans le bâti parisien ancien, il faut savoir dans quoi on creuse :
- Cloisons en plâtre sur lattis : une saignée mal exécutée fait tomber le plâtre par plaques entières. La reprise coûte parfois plus cher que le passage lui-même.
- Murs de refend en maçonnerie : saignée possible, mais poussiéreuse et bruyante, et jamais dans un élément porteur au-delà de ce qui est admissible.
- Plinthes techniques et goulottes : une solution honnête quand l’encastrement dégraderait des éléments à conserver — moulures, boiseries, parquets anciens.
Dans un appartement dont on veut préserver le cachet, le cheminement des réseaux se dessine avec le projet, pas après.
Le déroulé d’une reprise
- Diagnostic : ouverture du tableau, repérage des circuits existants, vérification de la présence d’une terre.
- Plan des circuits selon les usages réels pièce par pièce.
- Tirage des lignes, en encastré ou en apparent selon le bâti.
- Pose du tableau, des protections différentielles et de la prise de terre.
- Appareillage : prises, interrupteurs, points lumineux.
- Vérification et remise des documents.
Ce qui dépend de l’immeuble
La colonne montante qui alimente les logements appartient à la copropriété ou au gestionnaire de réseau. Augmenter la puissance disponible peut donc dépendre d’un élément que le propriétaire ne maîtrise pas. De même, la création d’une prise de terre passe parfois par une liaison collective. Ces points se vérifient au diagnostic, avant de promettre une puissance ou un délai.
Avant de demander un devis
Un chiffrage électrique sérieux suppose d’avoir ouvert le tableau et compris comment l’installation est faite. Le nombre de points, la longueur des cheminements et la nature des cloisons font varier le résultat dans des proportions importantes. Nous nous déplaçons pour ce diagnostic, et le devis qui suit détaille les circuits, les protections et l’appareillage.